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Que ce soit dans les émissions de télévision, de radio, dans la presse, sur le web, dans les blogs, … les architectes d’intérieur sont en vogue. L’engouement de chacun pour la décoration et le design est tel qu’il existe aujourd’hui des écoles d’architecture d’intérieur, des diplômes, des organismes reconnus pour former aux carrières de la déco. Si ces métiers répondent bien à des vocations, l’utilisation du titre « architecte intérieur » continue de diviser certains professionnels parmi lesquels, les architectes. A tort ou raison ?

Rencontre avec Sylvain Pasquier, architecte H.M.O.N.P pour mieux comprendre…

Le titre « architecte » est si généralisé qu’on ne sait plus en quoi ce métier consiste…  

Sylvain Pasquier :« Quand quelqu’un dit qu’il a fait appel à un architecte, on ne sait plus vraiment en quoi cela consiste en effet. On ne fait plus la différence entre l’architecte d’intérieur, qu’on devrait d’ailleurs plutôt nommer « décorateur » ou « designer d’espace », et l’architecte qui travaille sur un projet dans sa globalité, de la conception du bâtiment aux aménagements des espaces intérieurs et extérieurs voire même la décoration. Les non-initiés ne voient pas où se trouve la limite entre ces deux métiers. Le designer d’espace, que la majorité des gens appelle « architecte d’intérieur », intervient uniquement sur la décoration, l’esthétisme et l’aménagement intérieur sans pouvoir toucher la structure du bâtiment.On a souvent tendance à opposer l’architecte d’intérieur à l’architecte d’extérieur pour les différencier. Mais cela n’a pas de sens.

Le titre d’architecte d’extérieur est-il légitime alors ?

S. P. :L’appellation « architecte d’extérieur »n’est pas la bonne puisqu’il n’y a pas d’opposition entre un architecte d’intérieur et un architecte d’extérieur. Un architecte intervient autant en extérieur qu’à l’intérieur d’une construction. D’ailleurs lorsqu’il réalise un projet, il ne peut pas concevoir l’extérieur sans prendre aussi en compte l’intérieur du bâtiment.

Quelles devraient-être les dénominations pour différencier l’architecte des autres métiers de la décoration ?

S. P. : L’architecte est un titre protégé par la loi de 1977. A la place d’architecte d’intérieur, on devrait plutôt parler de « décorateur », « d’aménageur d’intérieur » ou encore de « designer »même si ces termes sont sujets aux désaccords dans ce corps de métier…

Selon vous, qu’est ce qui sépare l’architecte du designer ou du décorateur d’intérieur ?

S. P. :  L’architecte est celui qui s’occupe du gros œuvre et du second œuvre, c’est-à-dire la conception du bâtiment et son enveloppe. C’est aussi lui qui conçoit l’aménagement des espaces intérieurs, les pièces… L’architecte est soumis à une assurance pour tout projet. La décoration, les matériaux, les couleurs, les éclairages, le changement de cloisons du second œuvre peuvent, quant à eux, relever du domaine du décorateur ou du designer. 

Quelle est la formation pour devenir architecte ?

S. P. :Pour devenir architecte, il faut un BAC +5, une Licence et un Master en école d’architecture ; 22 écoles au total sont reconnues par l’Etat et l’Ordre des architectes. A la suite de l’obtention du Master, il faut passer une H.M.O.N.P., qui est une formation pour être habilité à exercer la maîtrise d’œuvre en nom propre. Suite à cette obtention, il faut enfin s’inscrire à l’Ordre des architectes pour porter officiellement ce titre et exercer.

Y a-t-il différents niveaux, ou spécialités, dans le métier d’architecte ?

S. P. :Un architecte peut se spécialiser en faisant l’Ecole de Chaillot par exemple, pour devenir architecte du Patrimoine ou encore architecte des bâtiments de France… Il peut aussi suivre des formations spécifiques en H.Q.E (Haute Qualité Environnementale). Il se spécialise aussi par l’expérience acquise sur des projets types comme les établissements hospitaliers, les infrastructures sportives équestres, les logements collectifs…

A votre avis, pourquoi cette confusion des genres persiste-t-elle entre l’architecte et le designer ?  

S. P. :A mon sens, c’est parce que les designers et décorateurs utilisent et associe le titre d’architecte à leur activité ; un titre qui est, il faut le rappeler, protégé par une loi. Pour exemple, c’est comme si on utilisait le titre de médecin, qui est lui aussi protégé, pour l’associer à une pratique alternative. Se prétendre « médecin homéopathique » sans avoir le diplôme de médecine par exemple.  Cela n’aurait rien à voir avec un l’exercice d’un médecin. Je pense que cela serait d’ailleurs une liberté de langage qui ne serait pas autorisée dans le domaine de la santé. Malheureusement, le secteur de l’architecture s’est laissé dépasser par une utilisation et une association abusive du titre d’architecte. Pour preuve, aujourd’hui, il existe même des institutions reconnues comme le CFAI (Conseil Français des Architectes d’Intérieur), pour ne citer que lui. C’est je crois ce qui prête, et qui fait perdurer, la confusion pour le grand public. »

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